Séminaire de débat sur l'informatisation de la société

à l'appel des associations AILF, CREIS, IRIS, VECAM et de la revue Terminal



Progressivement, l'informatisation à modifié nos manières de produire, de travailler et de communiquer. Elle a transformé le regard que nous portons sur nous même. Nos sociétés ont cependant bien du mal à appréhender la radicalité d'une mutation qui touche non seulement les entreprises, mais aussi l'ensemble du tissu social. Les fluctuations incessantes, l'obsolescence précipitée et le battage commercial assourdissant qui entourent l'industrie des TIC (Technologies de l'Information et des Communications) ne laissent guère de temps de répit et de réflexion. Il a fallu attendre la percée de l'Internet dans le grand public, avec le passage de l'informatisation du secteur de la production à celui de la communication, pour que s'effectue cette prise de conscience.

L'irruption d'Internet sur la scène médiatique à réveillé une informatique en voie de banalisation. Développé par le monde scientifique pour ses besoins propres de communication et imposé à un monde industriel d'abord réticent, le protocole internet fournit un outil de communication direct entre chaque individu susceptible, dans une certaine mesure, de court-circuiter les pouvoirs en place. En l'affranchissant des censures et des frontières il redessine les limites de son autonomie. Certes, cette conjugaison entre l'informatique et la téléphonie, combinée aux progrès de la mondialisation, annonce de nouveaux bouleversements technologiques et sociaux qui ne seront pas forcement positifs pour la majorité des populations. Mais, pour la première foi, l'utilisateur ne se retrouve plus en position totalement passive : il dispose d'une petite marge de liberté.

OBJECTIFS DU SEMINAIRE

C'est cette fragile marge de liberté que la revue TERMINAL voudrait contribuer à élargir en proposant l'organisation d'un
séminaire public mensuel autour des enjeux sociaux de l'informatisation. Il s'agirait d'y naviguer entre deux écueils : celui de l'optimisme béat et celui du catastrophisme.

Aussi, nous vous proposons :

Il ne s'agit pas d'abandonner une position critique. Celle-ci reste plus que jamais indispensable face au déluge bêtifiant qui s'abat sur le consommateur et le citoyen pour le convaincre que le progrès technique va résoudre tous les problèmes. Il s'agirait de tenter de placer -autant que faire se peut- l'imagination au pouvoir, pour ne pas, encore une foi, être condamné au rôle passif de victime. Les machineries numériques et leurs agencements protéiformes obligent à de nouveaux investissements personnels et collectifs, elles interrogent la force et la fragilité des noeuds du < commerce, du travail, de l'échange et du pouvoir.

MODALITES DU SEMINAIRE

Une discussion préalable entre les revues, associations et individus intéressés à organiser et alimenter un séminaire sur les enjeux actuels de la technologisation de la société, devrait aboutir à sérier les thèmes de départ et à définir des modalités précises de fonctionnement -y compris en termes de publication des résultats, de diffusion sur l'Internet, de décentralisation sur le territoire francophone.

Le projet, dont les modalités d'organisation sont à préciser, serait d'une séance de deux heures mensuelles, tenues à l'université de Jussieu, comportant un ou plusieurs exposés introductifs (si possible diffusés par écrit avant chaque séance), et axée essentiellement sur le débat entre les personnes présentes, à l'exclusion d'un simple jeu d'exposés-questions aux orateurs. Chaque association et revue participant au séminaire serait libre de publier tout ou parti des textes et discussions.